AML (Anti-Money Laundering)
AML (Anti-Money Laundering) regroupe les règles de lutte anti-blanchiment imposées aux PSAN. Implique KYC, surveillance des transactions, déclarations TRACFIN. Coût important pour les plateformes.
Définition et cadre légal
L'AML (Anti-Money Laundering, ou en français LCB-FT : Lutte Contre le Blanchiment et le Financement du Terrorisme) regroupe l'ensemble des obligations réglementaires qui s'imposent aux intermédiaires financiers, y compris les plateformes Bitcoin enregistrées comme PSAN (Prestataires de Services sur Actifs Numériques) en France, ou MiCA-CASP au niveau européen. L'objectif est d'empêcher l'utilisation du système financier pour blanchir des fonds issus d'activités illicites.
Les piliers d'un dispositif AML
Une plateforme régulée doit déployer plusieurs briques :
- KYC : identification du client (pièce d'identité, justificatif de domicile, parfois selfie vidéo).
- CDD / EDD : Customer Due Diligence et Enhanced pour les clients à risque (PEP, juridictions sensibles).
- Monitoring transactionnel : algorithmes détectant patterns suspects (transactions structurées, mixers, exchanges sanctionnés).
- Déclaration de soupçon : envoi à TRACFIN en France, FinCEN aux États-Unis.
- Conservation des données : 5 à 10 ans selon les juridictions.
Impact sur l'écosystème Bitcoin
L'AML a transformé l'expérience utilisateur : une simple inscription sur un exchange demande aujourd'hui des heures, parfois des semaines de vérifications. La conséquence est aussi politique : les flux KYC créent une traçabilité durable entre identité et adresses Bitcoin, ce que combattent les outils de confidentialité comme CoinJoin, Payjoin ou les paiements sur Lightning.
La Travel Rule et les seuils
Le Travel Rule (FATF Recommendation 16) oblige les VASP à s'échanger les informations émetteur/destinataire pour tout transfert dépassant 1 000 USD (seuil européen) ou 3 000 USD (US). Cette règle est l'une des plus contestées car elle s'étend aux adresses self-custody : un utilisateur qui retire vers son propre wallet doit prouver qu'il en est le propriétaire.
À retenir
L'AML est une réalité incontournable pour qui passe par une plateforme régulée, mais ne concerne en rien le protocole Bitcoin lui-même. Conserver ses bitcoins en propre et privilégier les transactions pair à pair restent les seules manières de maintenir une vie financière hors du périmètre KYC.
Termes lies
- KYC (Know Your Customer)Le KYC est l'obligation pour les plateformes d'identifier leurs utilisateurs. Imposée par les régulateurs (LCB-FT). Source majeure de fuite de données et de réutilisation d'adresses. Évitable via DCA non-KYC, P2P (RoboSats, Peach, Hodl Hodl).
- LCB-FTLCB-FT (Lutte Contre le Blanchiment et le Financement du Terrorisme) est le cadre réglementaire français correspondant à AML. Encadré par TRACFIN. Sujet politique majeur autour de Bitcoin.
- PSANPSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) est le statut français des plateformes crypto. Règlementé par l'AMF. Remplacé progressivement par les statuts MiCA.
Glossaire inspire du dictionnaire de Loic Morel sur Pandul.fr.